Yémen: les équipes MSF font face à des afflux de blessés de guerre dans plusieurs régions du pays

Mercredi 7 novembre 2018 — Alors que le conflit s'intensifie sur plusieurs lignes de front au Yémen, MSF fait face à un afflux de blessés de guerre dans ses hôpitaux situés dans les gouvernorats de Hodeidah, Hajjah, Aden, Saada et Taiz. 

A l'hôpital Al Salakhana de Hodeidah, les équipes de MSF ont soigné 24 blessés de guerre entre le 1er et le 6 novembre. Parmi eux se trouvaient cinq femmes et neuf enfants de moins de 15 ans. 17 ont été blessés par des explosions et un par balles. Sur la même période, 50 autres personnes, blessées pour la plupart par des explosions et des balles, ont été soignées dans l'hôpital chirurgical MSF de Mocha, situé à 180 km au sud de Hodeidah. Parmi eux se trouvaient 3 femmes et 8 enfants de moins de 15 ans.

Cette augmentation fait suite à l’intensification des combats au sol et des bombardements aériens dans Hodeidah depuis le 1er novembre. « L’offensive, menée avec le soutien de la coalition dirigée par l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes, s’accompagne d’un déploiement de troupes au sol. Elles se sont rapidement déployées autour de la ville, faisant craindre un siège qui pourrait affecter des dizaines de milliers de civils qui vivent encore à Hodeidah », explique Frédéric Bertrand, chef de mission MSF au Yémen.

« Lundi après-midi (5 novembre), des affrontements au sol ont eu lieu près des logements des équipes MSF et de l'hôpital Al Salakhana où nous travaillons, ce qui représente un développement préoccupant. Tous les jours, nous entendons des frappes aériennes et des tirs dans la ville », ajoute Frédéric Bertrand. Le même jour, d'intenses combats près de l'hôpital Al Salakhana ont contraint les équipes de MSF à rester à l’intérieur de l’hôpital, pour leur sécurité.

« Des mouvements de civils quittant Hodeidah ont été rapportés le week-end dernier mais il est difficile d'évaluer combien de personnes ont déjà quitté la ville. Des civils seraient bloqués à l'intérieur de la ville à cause des combats au sol et des bombardements aériens » précise Frédéric Bertrand.

Frappes aériennes dans d'autres régions

De nombreuses frappes aériennes ont été effectuées par la coalition dans plusieurs autres régions du pays. Lundi soir, les équipes de MSF ont reçu 16 blessés de guerre à Abs et 18 à Hajjah suite à une recrudescence des combats sur les lignes de front alentour.

Des raids aériens quotidiens sont également rapportés dans le district de Haydan dans le gouvernorat de Saada, la région la plus bombardée depuis mars 2015. MSF travaille à l'hôpital de Haydan, qui a été bombardé par une frappe de la coalition il y a trois ans.

Les équipes de MSF observent également une augmentation du nombre de blessés de guerre à l'hôpital d’Aden, en provenance de Hodeidah et de Taiz. Entre le 1er et le 6 novembre, 16 personnes ont été admises à l'hôpital d'Aden pour des blessures de guerre. Elles venaient toutes de Hodeidah, qui se trouve à environ six heures de route, afin d'accéder à des soins médicaux et chirurgicaux urgents.

Alors que les combats s'intensifient à Hodeidah et dans plusieurs zones du pays, MSF s’inquiète de la sécurité des patients et du personnel dans ses hôpitaux et structures de soins, ainsi que pour celle de milliers de civils vivant à proximité des lignes de front, notamment à Hodeidah. Toutes les parties au conflit doivent veiller à la protection des civils et des hôpitaux. 

Fermeture de notre projet à Ad Dhale suite aux menaces et à la violence

Ce 7 novembre, MSF a fermé son projet humanitaire dans le gouvernorat d'Ad Dhale, au sud du Yémen. Cette décision, particulièrement difficile à prendre, est le résultat d’attaques répétées, de violences et de menaces à l’encontre du centre médical, du personnel de santé et, plus récemment, de la résidence de MSF dans la ville d’Ad Dhale.