Ukraine : MSF évacue des patients d’un hôpital endommagé par une attaque russe ​

Dans la matinée du 3 novembre, les forces russes ont attaqué la ville de Dnipro, faisant selon les informations disponibles au moins deux morts et 20 blessés. L’attaque a endommagé des immeubles résidentiels, une centrale thermique, un centre de soins de santé primaires ainsi qu’un hôpital local où près de 100 patient·e·s recevaient des soins. Les dégâts causés à l’établissement ont contraint au transfert des patient·e·s vers d’autres structures médicales.

©Yuliia Trofimova/MSF
©Yuliia Trofimova/MSF

Médecins Sans Frontières (MSF) a évacué par ambulance deux patient·e·s de cet hôpital afin qu’ils puissent poursuivre leur prise en charge médicale.

« Des personnes en situation de handicap se trouvaient dans l’hôpital, tout comme des personnes blessées lors de précédents bombardements. Il était évident qu’elles étaient terrifiées. Il y avait du verre brisé partout ; les fenêtres et les portes avaient été soufflées », témoigne Yuliia Omelchuk, ambulancière pour MSF, décrivant la scène dont elle a été témoin.

L’hôpital assure des consultations de soins secondaires pour les habitant·e·s de Dnipro ainsi que pour les personnes déplacées ayant fui les villes et villages situés plus à l’est. Il propose également des soins chirurgicaux, thérapeutiques et palliatifs. Les dommages subis par l’établissement perturbent l’accès à des services médicaux essentiels pour les personnes nécessitant des soins continus.

L’un des patient·e·s évacués par MSF, Roman, 39 ans, était hospitalisé depuis un mois à la suite d’une fracture du fémur. Sa jambe gauche était maintenue par un dispositif de fixation externe lorsque l’attaque a eu lieu.

« J’ai commencé à entendre des explosions pendant la nuit. Au matin, de fortes détonations ont retenti à nouveau. La deuxième explosion a soufflé deux fenêtres de notre chambre. La porte a également été arrachée et m’est tombée dessus. J’ai maintenant une fracture à l’autre jambe, qui était intacte », explique-t-il.

Le voisin de chambre de Roman était un homme âgé atteint de démence. « Lorsque les débris lui sont tombés dessus, il n’a même pas compris ce qui se passait. Et moi, je ne pouvais pas bouger, je ne pouvais pas m’enfuir, je ne pouvais même pas me lever. C’était terrifiant », raconte Roman.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), plus de 3 400 attaques contre les soins de santé en Ukraine avaient été vérifiées entre le début de l’invasion à grande échelle et le 3 novembre 2026. L’OMS a également recensé 590 attaques contre les soins de santé depuis le début de l’année 2026, qui ont touché plus de 250 personnes, dont 31 ont perdu la vie.

Entre 2022 et 2025, les équipes de MSF ont été témoins de plus de 20 attaques contre des hôpitaux ou sont intervenues à la suite de celles-ci.

« Les attaques menées par les forces russes contre les infrastructures essentielles à la vie des civils se poursuivent sans relâche », déclare Robin Meldrum, chef de mission de MSF en Ukraine. « Qu’elles soient ciblées ou indiscriminées, elles constituent très probablement de graves violations du droit international humanitaire. Pour des personnes qui vivent déjà sous la menace quotidienne des missiles et des drones, les attaques contre les hôpitaux devraient être impensables. Pourtant, en Ukraine, elles restent un risque permanent. Les attaques de la nuit dernière, au cours desquelles des structures médicales auraient également été touchées à Kharkiv et Kherson, devraient rappeler à chacun qu’il est urgent que cela cesse. »

Quentin Barrea

Quentin Barrea

Press & Media FR, Médecins Sans Frontières

 

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