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    "title": "Soudan : trois ans de guerre ont an\u00e9anti les moyens de survie de la population",
    "modified_at": "2026-04-13 10:52:19",
    "published_at": "2026-04-13 10:53:00",
    "url": "https://press.msf-azg.be/soudan-trois-ans-de-guerre-ont-aneanti-les-moyens-de-survie-de-la-population-iql2sy",
    "short_url": "http://prez.ly/vKBd",
    "culture": "fr",
    "language": "FR",
    "subtitle": "Alors que le Soudan entre dans sa quatri\u00e8me ann\u00e9e de guerre d\u00e9vastatrice, M\u00e9decins Sans Fronti\u00e8res (MSF) condamne la violence d\u00e9cha\u00een\u00e9e, l\u2019impunit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et la restriction de l\u2019acc\u00e8s humanitaire dans un contexte d\u2019effondrement du syst\u00e8me de sant\u00e9. L\u2019affrontement entre les Forces arm\u00e9es soudanaises (FAS) et les Forces de soutien rapide (FSR), ainsi que leurs groupes alli\u00e9s respectifs, a provoqu\u00e9 le d\u00e9mant\u00e8lement syst\u00e9mique des services essentiels dont d\u00e9pend la population \u2014 notamment les soins de sant\u00e9 et l\u2019alimentation. ",
    "slug": "soudan-trois-ans-de-guerre-ont-aneanti-les-moyens-de-survie-de-la-population-iql2sy",
    "body": "<p>En 2025, les &eacute;quipes de MSF ont &agrave; elles seules soign&eacute; <strong>plus de 7 700 patients pour des blessures li&eacute;es &agrave; des violences physiques</strong> - y compris par balles &ndash; et ont assur&eacute; plus de 250 000 consultations d&rsquo;urgence. Elles ont aussi r&eacute;alis&eacute; plus de <strong>4 200 consultations pour violences sexuelles</strong> - tr&egrave;s souvent utilis&eacute;es comme arme de guerre - dont les femmes sont les premi&egrave;res victimes. </p><p>Sur la m&ecirc;me p&eacute;riode, plus de <strong>15 000 enfants de moins de cinq ans ont &eacute;t&eacute; hospitalis&eacute;s dans les programmes de MSF pour malnutrition aigu&euml;</strong>. Ces cas sont en augmentation, ce qui accro&icirc;t le risque de d&eacute;c&egrave;s li&eacute; &agrave; des maladies pourtant traitables par ailleurs.</p><p>Pris ensemble, ces chiffres montrent qu&rsquo;au-del&agrave; des victimes directes du conflit, la violence persistante inflige des dommages profonds et &eacute;tendus &agrave; l&rsquo;ensemble de la population, entra&icirc;nant de graves cons&eacute;quences sanitaires.</p><h4 id=\"un-systeme-de-sante-affaibli-et-pris-pour-cible\" >Un syst&egrave;me de sant&eacute; affaibli et pris pour cible</h4><p>Depuis le d&eacute;but du conflit, les programmes de vaccination ont &eacute;t&eacute; perturb&eacute;s et les syst&egrave;mes de surveillance des maladies se sont effondr&eacute;s, ce qui acc&eacute;l&egrave;re la propagation des maladies et retarde la d&eacute;tection des &eacute;pid&eacute;mies. La r&eacute;ponse humanitaire internationale &mdash; y compris celle des agences des Nations unies, notamment au Darfour &mdash; reste tr&egrave;s insuffisante pour pr&eacute;venir la perte de nombreuses vies humaines. <strong>Les coupes budg&eacute;taires aggravent une situation d&eacute;j&agrave; dramatique</strong> : les populations en paient le prix, nombre de personnes meurent faute d&rsquo;assistance des autorit&eacute;s soudanaises et de la communaut&eacute; internationale, alors qu&rsquo;il aurait &eacute;t&eacute; possible de les soigner.</p><p>MSF a constat&eacute; des <strong>flamb&eacute;es r&eacute;currentes de maladies mortelles mais &eacute;vitables &agrave; travers le pays</strong> &mdash; de la rougeole au Darfour &agrave; l&rsquo;h&eacute;patite E dans l&rsquo;&Eacute;tat d&rsquo;Al-Jazira, en passant par le chol&eacute;ra &agrave; Khartoum et dans l&rsquo;&Eacute;tat du Nil Blanc. <strong>En 2025, MSF a trait&eacute; plus de 12 000 patients atteints de rougeole et pr&egrave;s de 42 200 de chol&eacute;ra.</strong> Ces flamb&eacute;es touchent particuli&egrave;rement les plus vuln&eacute;rables, notamment les enfants et les femmes enceintes.</p><p>&laquo; <em>Ma petite fille est n&eacute;e pr&eacute;matur&eacute;ment parce que la guerre nous a forc&eacute;s &agrave; fuir Omdurman alors que j&rsquo;&eacute;tais enceinte</em> &raquo;, raconte Ferdos Salih, m&egrave;re d&rsquo;un b&eacute;b&eacute; de 11 mois souffrant de rougeole et de malnutrition aigu&euml; s&eacute;v&egrave;re &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital universitaire d&rsquo;El Geneina, au Darfour occidental. &laquo; <em>Elle a beaucoup souffert avec des hospitalisations r&eacute;p&eacute;t&eacute;es. Et &agrave; cause de la guerre, elle n&rsquo;a pas pu &ecirc;tre vaccin&eacute;e</em>. &raquo;</p><p>En outre, les h&ocirc;pitaux ont &eacute;t&eacute; pill&eacute;s, bombard&eacute;s et occup&eacute;s. Le personnel m&eacute;dical a &eacute;t&eacute; menac&eacute;, arr&ecirc;t&eacute; ou contraint de fuir. Des ambulances ont &eacute;t&eacute; emp&ecirc;ch&eacute;es d&rsquo;atteindre les bless&eacute;s.</p><p>Depuis avril 2023, <strong>plus de 2 000 personnes ont &eacute;t&eacute; tu&eacute;es et 720 bless&eacute;es lors de 213 attaques contre des structures de sant&eacute; &agrave; travers le pays </strong>&mdash; en 2025, le Soudan repr&eacute;sentait <strong>82 % des d&eacute;c&egrave;s mondiaux li&eacute;s aux attaques contre les soins de sant&eacute;</strong>, selon l&rsquo;OMS. Sur la m&ecirc;me p&eacute;riode, MSF a document&eacute; 100 incidents violents visant son personnel, les structures qu&rsquo;elle soutient et ses fournitures m&eacute;dicales.</p><p>Le 2 avril dernier encore, une attaque contre l&rsquo;h&ocirc;pital d&rsquo;Al-Jabalain, attribu&eacute;e aux RSF, a fait 10 morts, dont sept membres du personnel m&eacute;dical, certains ayant travaill&eacute; auparavant avec MSF. Deux semaines plus t&ocirc;t, le 20 mars, une attaque attribu&eacute;e aux Forces arm&eacute;es soudanaises contre l&rsquo;h&ocirc;pital d&rsquo;El Daein, au Darfour oriental, avait fait 70 morts, dont 15 enfants.</p><p>Malgr&eacute; ces menaces constantes, les attaques r&eacute;p&eacute;t&eacute;es des deux parties et l&rsquo;indiff&eacute;rence persistante de la communaut&eacute; internationale, les volontaires et le personnel m&eacute;dical soudanais continuent de faire preuve d&rsquo;un d&eacute;vouement extraordinaire pour fournir des soins l&agrave; o&ugrave; ils sont le plus n&eacute;cessaires.</p><p>&laquo; <em>Les autorit&eacute;s soudanaises continuent parfois de rendre impossible pour MSF et d&rsquo;autres acteurs humanitaires la fourniture ou l&rsquo;extension de soins vitaux &mdash; que ce soit en bloquant notre acc&egrave;s &agrave; certaines zones ou en emp&ecirc;chant nos activit&eacute;s une fois sur place </em>&raquo;, explique Amande Bazerolle, cheffe de mission de MSF au Soudan. &laquo; <em>&Ecirc;tre emp&ecirc;ch&eacute;s d&rsquo;intervenir place MSF dans une position inacceptable : incapables de r&eacute;pondre &agrave; des souffrances et des morts &eacute;vitables alors que nous sommes pr&ecirc;ts &agrave; le faire. </em>&raquo;</p><p>Aujourd&rsquo;hui, la vaste r&eacute;gion du Kordofan, au centre-sud du pays, est la zone de conflit la plus instable et la plus active. Elle pourrait devenir le prochain th&eacute;&acirc;tre d&rsquo;atrocit&eacute;s, comme cela a &eacute;t&eacute; le cas dans d&rsquo;autres r&eacute;gions, notamment au Darfour, &agrave; Khartoum ou &agrave; Al-Jazira. C&rsquo;est aussi l&rsquo;une des zones les moins accessibles pour les organisations humanitaires, ce qui expose plus encore les populations, &agrave; mesure que la violence s&rsquo;intensifie.</p><h4 id=\"un-schema-de-violence-incessante-contre-les-civils\" >Un sch&eacute;ma de violence incessante contre les civils</h4><p>Ces derniers mois, MSF a observ&eacute; une &eacute;volution inqui&eacute;tante dans la conduite de la guerre, avec<strong> l&rsquo;usage massif de drones par les deux camps</strong>. Ces frappes se produisent<strong> de plus en plus loin des lignes de front</strong>, visant des infrastructures logistiques et des zones civiles dens&eacute;ment peupl&eacute;es.</p><p>Depuis f&eacute;vrier, MSF a soign&eacute; environ 400 personnes bless&eacute;es par des drones apr&egrave;s des frappes ayant touch&eacute; des zones civiles dans l&rsquo;est du Tchad ainsi que dans diff&eacute;rentes r&eacute;gions du Darfour. Selon les Nations unies, ces attaques ont fait plus de 500 victimes civiles entre le 1er janvier et le 15 mars.</p><p>&laquo; <em>Les &eacute;quipes re&ccedil;oivent des patients pr&eacute;sentant des blessures horribles : des plaies transfixiantes, des membres amput&eacute;s, des br&ucirc;lures d&eacute;vastatrices &mdash; beaucoup arrivent d&eacute;j&agrave; morts &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital</em> &raquo;, explique Muriel Boursier, coordinatrice des urgences de MSF au Darfour. &laquo; <em>L&rsquo;ampleur de la violence et des atrocit&eacute;s auxquelles nous assistons est insoutenable.</em> &raquo;</p><p>Le fait que ces frappes, men&eacute;es <strong>en violation flagrante du droit international humanitaire</strong>, ne visent pas syst&eacute;matiquement des objectifs militaires marque une nouvelle d&eacute;gradation grave dans ce conflit. </p><h4 id=\"un-echec-politique-collectif\" >Un &eacute;chec politique collectif</h4><p>La crise au Soudan n&rsquo;est pas seulement une catastrophe humanitaire &mdash; c&rsquo;est aussi un &eacute;chec politique collectif. Apr&egrave;s trois ans de ce qui est devenu la plus grande crise humanitaire au monde, la r&eacute;ponse des gouvernements et des organisations internationales est rest&eacute;e bien en de&ccedil;&agrave; des attentes les plus &eacute;l&eacute;mentaires.</p><p><strong>Les alertes r&eacute;p&eacute;t&eacute;es sur des atrocit&eacute;s, notamment contre des communaut&eacute;s non arabes &agrave; El Fasher par les FSR, n&rsquo;ont donn&eacute; lieu &agrave; aucune action significative.</strong></p><p>Pendant ce temps, enfants, m&egrave;res et populations continuent de mourir chaque jour &mdash; que ce soit &agrave; cause de violences indiscrimin&eacute;es (massacres, famine, torture, viols) ou du manque de services essentiels que le syst&egrave;me humanitaire international est cens&eacute; fournir.</p><p>Depuis avril 2023, <strong>pr&egrave;s de 14 millions de personnes ont &eacute;t&eacute; contraintes de fuir leur foyer</strong>, souvent &agrave; plusieurs reprises, perdant tout. Les deux parties au conflit, qui formaient auparavant le gouvernement soudanais, d&eacute;mant&egrave;lent la capacit&eacute; du pays &agrave; prot&eacute;ger, soigner et soutenir sa propre population.</p><p>&laquo; <em>Plus que jamais, il est urgent d&rsquo;obtenir la protection des civils, le respect des structures de sant&eacute;, la mise en cause des responsables des atrocit&eacute;s et un acc&egrave;s humanitaire durable </em>&raquo;, affirme Amande Bazerolle. &laquo; <em>Trois ann&eacute;es de guerre ont d&eacute;j&agrave; co&ucirc;t&eacute; &eacute;norm&eacute;ment au Soudan. Laisser cette trajectoire se poursuivre risque de condamner toute une g&eacute;n&eacute;ration</em>. &raquo;</p><p>Les parties au conflit et leurs alli&eacute;s doivent prendre imm&eacute;diatement des mesures concr&egrave;tes pour prot&eacute;ger les civils. Ils doivent &ecirc;tre tenus responsables des violations en cours qui infligent d&rsquo;immenses souffrances &agrave; la population.</p><p><strong>MSF appelle les acteurs internationaux influents &agrave; exercer sans d&eacute;lai une pression diplomatique r&eacute;elle sur ceux qui financent, arment ou soutiennent politiquement les parties au conflit.</strong> M&ecirc;me si, jusqu&rsquo;&agrave; pr&eacute;sent, ils ont tragiquement &eacute;chou&eacute; &agrave; emp&ecirc;cher les atrocit&eacute;s de masse, une fen&ecirc;tre d&rsquo;action existe encore pour infl&eacute;chir la situation et pr&eacute;venir de nouveaux crimes.</p><p>Le silence et l&rsquo;inaction ne font que prolonger les souffrances de millions de personnes.</p><div class=\"release-content-contact\" id=\"contact-8057fe36-761f-4826-a067-ba744ab5c2d4\">\n    \n    <div class=\"release-content-contact__details\">\n        <strong class=\"release-content-contact__name\">Quentin Barrea</strong>\n        <em class=\"release-content-contact__description\">Press &amp; Media FR, M&eacute;decins Sans Fronti&egrave;res</em>\n        <ul class=\"release-content-contact__details-list\"><li class=\"release-content-contact__details-list-item\"><a href=\"mailto:quentin.barrea@brussels.msf.org\"  class=\"release-content-contact__details-list-item-link\" title=\"quentin.barrea@brussels.msf.org\"><svg class=\"icon icon-paper-plane release-content-contact__details-list-item-icon\">\n                <use xlink:href=\"#icon-paper-plane\"></use>\n            </svg>quentin.barrea@brussels.msf.org</a></li>\n<li class=\"release-content-contact__details-list-item\"><a href=\"tel:+32 (0) 475 40 60 76\"  class=\"release-content-contact__details-list-item-link\" title=\"+32 (0) 475 40 60 76\"><svg class=\"icon icon-phone release-content-contact__details-list-item-icon\">\n                <use xlink:href=\"#icon-phone\"></use>\n            </svg>+32 (0) 475 40 60 76</a></li>\n<li class=\"release-content-contact__details-list-item\"><a href=\"https://www.msf.be\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" class=\"release-content-contact__details-list-item-link\" title=\"msf.be\"><svg class=\"icon icon-browser release-content-contact__details-list-item-icon\">\n                <use xlink:href=\"#icon-browser\"></use>\n            </svg>msf.be</a></li></ul>\n    </div>\n</div><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p>",
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