Soudan : MSF prend en charge près de 170 personnes en deux semaines après des frappes de drones répétées

MSF appelle les parties au conflit à épargner immédiatement les civils et le personnel humanitaire.

©Frédéric Seguin/MSF

Port-Soudan, le 20 février 2026 – Des attaques de drones menées par les Forces armées soudanaises (FAS) et les Forces de soutien rapide (FSR) frappent des zones civiles et des infrastructures essentielles à travers le Soudan, notamment des écoles, des marchés, des structures de santé et des points d’approvisionnement en eau. Au cours des deux premières semaines de février, les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) ont soigné 167 patient·es présentant des plaies pénétrantes au thorax et à l’abdomen, de multiples fractures, des traumatismes crâniens et des fragments de drones. MSF alerte sur le risque grave que ce schéma d’attaques fait peser sur les civils et le personnel humanitaire et appelle à leur protection immédiate.

Le 15 février, une équipe MSF à Adré, dans l’est du Tchad, a reçu 18 civils — dont quatre femmes et trois enfants — blessés lors de frappes de drones des FAS sur un point de vente de carburant situé juste de l’autre côté de la frontière, à Adikong, dans l’État du Darfour-Occidental. Le 6 février, 29 blessé·es ont été pris en charge à l’hôpital soutenu par MSF à Tiné, également dans l’est du Tchad, après deux attaques de drones menées par les FSR à l’ouest du Soudan, qui ont tué au moins 10 personnes, dont quatre sont décédées à l’hôpital. Depuis, des patients arrivent régulièrement à la suite de nouvelles frappes.

« Parmi les patients reçus, un garçon de neuf ans est arrivé avec une large plaie due à un éclat au niveau de l’œil, de multiples fractures faciales et deux doigts amputés. Il souffrait énormément et était couvert de poussière après un long trajet pour atteindre la structure de santé. Même avec une prise en charge optimale, il risque de garder une invalidité à long terme. Il a été transféré à Ndjamena pour poursuivre son traitement », explique Virginia Moneti, coordinatrice médicale de projet MSF à Tiné. (Cfr. photo ci-dessous).

Nos équipes à Zalingei, au Darfour-Central, ont également soigné 29 patient·es ce mois-ci, dont au moins huit civils, à la suite de plusieurs attaques.

À la suite de frappes de drones le 3 novembre dans le Darfour-Nord, MSF a été contrainte d’évacuer Kornoi et Tina, interrompant des services médicaux et humanitaires vitaux. Ces attaques ont rendu impossible le maintien d’une présence sécurisée de MSF, laissant les populations sans accès aux soins essentiels.

« La guerre au Soudan est menée avec des drones bien au-delà des lignes de front. Nos équipes soignent régulièrement un grand nombre de blessés dû aux frappes de drones, dont des femmes et des enfants. Ces frappes visent à perturber les routes d’approvisionnement, endommager des infrastructures civiles et pourraient entraîner des conditions de siège dans les zones disputées », alerte Esperanza Santos, responsable des urgences MSF.

Au Kordofan-Nord, où MSF a récemment lancé une réponse d’urgence à El-Obeid, des frappes de drones auraient touché un convoi humanitaire, un véhicule transportant des personnes déplacées et une gare routière les 6 et 7 février. Des attaques de drones auraient également visé différents établissements de santé à Kadugli et Dilling, dans l’État du Kordofan-Sud, au cours des deux premières semaines de février.

« Les récents incidents mettent en lumière une dynamique profondément inquiétante dans la manière dont la guerre est menée au Soudan. Les frappes de drones ne se limitent pas à des cibles militaires ; certaines zones sont frappées à plusieurs reprises, et les conséquences sont dévastatrices : des civils, dont des enfants, sont tués ou grièvement blessés, en totale violation du droit international humanitaire », poursuit Esperanza Santos. « Les acteurs armés doivent prendre sans délai des mesures pour protéger les civils et le personnel humanitaire. Les civils doivent être épargnés en toutes circonstances. »

MSF est extrêmement préoccupée par la situation. Quand les zones civiles et les infrastructures humanitaires ne sont pas protégées, nos équipes ne peuvent plus opérer en sécurité, privant les communautés d’un accès aux soins essentiels. C’est exactement l’inverse de ce dont les populations au Soudan ont urgemment besoin, alors que les besoins humanitaires sont immenses et qu’une intensification immédiate de l’aide est indispensable.

Quentin Barrea

Press & Media FR, Médecins Sans Frontières

 

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