Somalie : MSF appelle à la protection des civils et à un accès sécurisé aux hôpitaux alors que les violences s’intensifient à Baidoa
Baidoa, 28 septembre 2026 — Médecins Sans Frontières (MSF) est profondément préoccupée par les conséquences de l’escalade de la violence à Baidoa, dans l’État du Sud-Ouest de la Somalie, sur les populations civiles et leur accès aux soins de santé essentiels.

MSF appelle de toute urgence toutes les parties au conflit à protéger les civils, les patients, le personnel soignant et les structures de santé, et à garantir un accès sûr et sans entrave aux soins médicaux pour toutes les personnes qui en ont besoin.
Dans la matinée du lundi 28 septembre, des affrontements ont éclaté dans et autour de la ville de Baidoa pour la troisième fois depuis le 17 août. Selon les informations disponibles, une structure de santé a été gravement endommagée et un membre du personnel soignant a été tué. Une ambulance a été pillée, tandis que des habitations civiles auraient également été visées. Deux membres du personnel médical travaillant aux côtés des équipes de MSF ont été victimes d’un vol et agressés. L’un d’eux a été blessé.
« C’est la troisième fois en six semaines que des combats éclatent à Baidoa, avec des conséquences dévastatrices pour les civils. Il est inacceptable que les populations et les services de santé soient pris dans les violences. Les personnes blessées ont besoin de soins médicaux immédiats, mais beaucoup ne parviennent pas à atteindre l’hôpital. Sans prise en charge rapide, certaines risquent de mourir de leurs blessures », déclare le Dr Elshafie Mohammed, représentant de MSF en Somalie.
« Les structures de santé, les soignants et les patients ne doivent jamais être pris pour cible. Nous appelons toutes les parties à protéger les civils et les infrastructures civiles, et à garantir l’accès aux structures de santé en toute sécurité, sans crainte, délais ni obstacle. »
À ce jour, les équipes médicales travaillant aux côtés du ministère de la Santé à l’hôpital régional de Bay ont pris en charge 69 personnes affectées par les violences, dont cinq enfants. Trois décès ont été enregistrés.
Depuis le début des affrontements, les routes menant aux hôpitaux de Baidoa sont bloquées, limitant fortement l’accès aux soins médicaux. Seul un nombre restreint de patients blessés a réussi à rejoindre l’hôpital régional de Bay.
MSF craint que de nombreuses personnes blessées ne soient toujours privées de traitement et s’attend à voir davantage de patients arriver à l’hôpital lorsque les voies d’accès seront rouvertes. Cette situation affecte non seulement les personnes blessées lors des violences, mais aussi celles qui ont besoin d’autres soins médicaux urgents essentiels.
Des affrontements armés avaient également éclaté dans et autour de Baidoa le 17 août. Ce jour-là, les équipes de l’hôpital régional de Bay ont pris en charge 94 blessés, dont 29 femmes et 20 enfants, parmi lesquels cinq étaient âgés de moins de cinq ans. Quatre décès avaient été enregistrés, dont celui d’une jeune femme. Une nouvelle vague d’affrontements a débuté dans la matinée du 3 septembre. Les équipes avaient alors reçu 71 blessés, dont 15 femmes et 12 enfants. Un décès avait également été enregistré.
À l’hôpital régional de Bay, MSF travaille en collaboration avec le ministère de la Santé en appuyant les services des urgences, de maternité, de pédiatrie, de nutrition et les consultations ambulatoires.
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Quentin Barrea