RDC: Les violences dans la province d’Ituri réveillent les souvenirs des conflits passés (+ B-roll)

Jeudi 29 mars 2018 — Bonjour,

Vous trouverez ci-dessous un communiqué dans lequel MSF s'inquiète de la récente flambée de violence dans la province d'Ituri, au nord-est du Congo et de ses conséquences sur la population locale. Plus de 300.000 personnes sont déplacées et vivent dans des conditions des plus précaires.

Vous trouverez également un B-roll accompagné de la shotlist.

Cordialement,

Raphaël Piret

RDC: Les violences dans la province d’Ituri réveillent les souvenirs des conflits passés

La violence récente dans la province de l'Ituri, en République démocratique du Congo (RDC), continue de déplacer plus de 300 000 personnes de leurs foyers. Des milliers de maisons ont brûlées, environ 200 personnes ont été tuées et des dizaines d'autres blessées. Pour la population la situation a réveillé les souvenirs du conflit qui a affecté la région au début des années 2000.

Les déplacés vivent dans des sites informels, dans des familles d’accueil, ou se réfugient dans les écoles et églises. Certains vivent dans ces conditions précaires depuis plus d’un mois. Dans ces conditions, l’état de santé de ces personnes peut se détériorer rapidement, et le risque est réel de voir apparaître des cas de malnutrition sévère, ou des épidémies de rougeole et choléra.

Médecins Sans Frontières (MSF) travaille dans la ville de Bunia et ses environs, ainsi qu’aux environs de Mahagi, plus au nord. A Bunia, dans les deux camps qui abritent approximativement 1 700 ménages de déplacés, les équipes ont construit des latrines et des douches, et contribuent à assurer un accès à l’eau potable. Les conditions à l’intérieur du camp demeurent inquiétantes, et les gens vivent dans la promiscuité, il ne reste que très peu de place pour les nouveaux arrivants.

A Bunia, MSF soutient trois centres de santé – Bigo, Lembado et Kindia – avec un support en personnel, notamment des infirmiers, des sages-femmes et des psychologues. Beaucoup des déplacés sont traumatisés par la violence dont ils ont été témoins ou victimes, et il y a des enfants qui ont perdu leur famille dans le chaos. Plus de 30% des patients pris en charge par MSF souffrent de paludisme. Les infections respiratoires et diarrhées sont aussi fréquentes. Environ 600 femmes ont reçu des soins anténataux, et 84 ont donné naissance dans l’un des centres de santé soutenus par MSF. Depuis l’arrivée des équipes en février, elles ont mené plus de 5 000 consultations ambulatoires et contribué à prendre en charge 77 cas de blessés dus aux violences.

Comme de nombreuses personnes ont quitté leur maison sans rien emporter, ou qu’elles vivent dans des familles d’accueil depuis des semaines, MSF a effectué des distributions de biens de première nécessité tels que des couvertures, du savon et des moustiquaires dans et autour des zones où l’organisation travaille. Récemment, 1 350 de ces kits famille ont été distribués à des personnes qui se sont installées dans un campement informel à Kasenyi, proche du lac, et plus de 700 kits famille ont été donnés à ceux résidant dans l’enceinte de l’école du village de Lopa.

Dans les zones de Tchomia, Kasenyi, Angumu et Mahagi Port en RDC, MSF concentre ses ressources sur la prévention et le traitement du choléra, notamment chez les déplacés. Les équipes assurent un accès à l’eau potable et se préparent à l’éventualité d’une épidémie de choléra.

Plus de 50 000 personnes ont traversé le lac Albert pour se réfugier en Ouganda depuis la mi-décembre. Les capacités d’accueil en Ouganda ont été débordées par le nombre massif de nouvelles arrivées, et les autorités sanitaires ont récemment confirmé une épidémie de choléra dans la région. 36 personnes au moins en sont mortes, et il y  eu près de 1 800 cas sévères. En plus de la réponse à l’épidémie de choléra, MSF mène des activités médicales de santé primaire et de la vaccination. Manquant d’abris et de nourriture, les réfugiés sont dans une situation très difficile.

La situation en Ituri reste incertaine et des incidents continuent de pousser les gens à se déplacer rapidement et en grand nombre, à la recherche de sécurité. MSF suit de près ce qui se passe, afin d’apporter une réponse rapide à une épidémie, à un grand nombre de blessés ou à des déplacements massifs de personnes.

 

BROLL - Violence in Ituri Province, DRC

Alphonsime Mojetha (54) recovers in a hospital room on 2 March 2018 in Bunia. After an attack on her village she lost her two children and suffered severe machete lacerations to the back of her head, her arms and her hands. She hid in the bush for two nights before making her way to Bunia to find help. Fighting in Ituri province has left thousands of Congolese displaced and some 100 have lost their lives. PHOTO/JOHN WESSELS
An MSF nurse checks on cholera patients in an MSF-supported cholera centre on the shores of Lake Albert on 5 March 2018. The town of Tchomia is the one of the main towns for thousands of Congolese IDPs to flee to refugee camps on the shores of Lake Albert in Uganda. After the cholera outbreak in the refugee camps in Uganda, there is a fear of a subsequent outbreak in Tchomia, which would affect thousands of IDPs taking refuge along the shoreline of Lake Albert in DRC. PHOTO/JOHN WESSELS
An internally displaced Congolese woman is seen inside an MSF-supported IDP camp. The camp is estimated to be home to around 2,000 IDPs, with this number expected to increase as the violence continues. PHOTO/JOHN WESSELS
Bawma Yoame (56), recovers in a hospital room on 2 March 2018 in Bunia, after an attack on his village left him severely wounded with multiple lacerations to the head. Fighting in Ituri province has left thousands of Congolese displaced and some 100 have lost their lives. PHOTO/JOHN WESSELS
Myime Richards (32), recovers in a hospital room on 2 March 2018 in Bunia. He lost his wife, three of his four children and suffered servere lacerations to his head and neck after an attack on his village. Fighting in Ituri province has left thousands of Congolese displaced and some 100 have lost their lives. PHOTO/JOHN WESSELS
On 5 March 2018, internally displaced Congolese push a boat into Lake Albert. It will will take them to the relative safety of Uganda. The town of Tchomia is the one of the main towns for thousands of Congolese IDPs to flee to refugee camps on the shores of Lake Albert in Uganda. After the cholera outbreak in the refugee camps in Uganda, there is a fear of a subsequent outbreak in Tchomia, which would affect thousands of IDPs taking refuge along the shoreline of Lake Albert in DRC. PHOTO/JOHN WESSELS