MSF s’inquiète du manque de réponse des autorités belges à la situation des demandeurs d’asile à Bruxelles

Jeudi 1 octobre 2015 — Alors que depuis des semaines, des demandeurs d’asile dorment dans un parc public à Bruxelles dans l’attente de pouvoir déposer leur demande d’asile à l’Office des Étrangers, MSF s’inquiète du manque de réponse des autorités belges. L’organisation dénonce les blocages administratifs qui augmentent encore la vulnérabilité des personnes déjà particulièrement fragilisées par le contexte qu’elles fuient et des trajets migratoires souvent longs, compliqués et violents, notamment à travers la Méditerranée ou dans les Balkans. Il est urgent que le gouvernement fédéral prenne la mesure de ses engagements internationaux en augmentant immédiatement les capacités d’enregistrements quotidiens à l’Office des Étrangers.

Enregistrer les candidats demandeurs d’asile et mettre en place des procédures d’accueil dignes et efficaces pour chaque demandeur d’asile qui arrive sur son sol n’est pas un choix que se réserve chaque pays, c’est une obligation des Etats membres de l’Union européenne. C’est pourtant là que défaille depuis plusieurs semaines le gouvernement belge, en n’adaptant pas le rythme des enregistrements et en laissant des centaines de personnes dormir dans un parc public, aidées essentiellement par des bénévoles et le monde associatif.

Il est inacceptable aujourd’hui que la Belgique n’agisse pas face au goulot d’étranglement au niveau de l’enregistrement à l’Office des Étrangers. Tout demandeur d’asile arrivant sur le sol belge a le droit de faire enregistrer sa demande d’asile et de se voir attribuée une place dans une structure de logement adaptée.

MSF, qui a offert un soutien logistique à Fedasil dans la mise en place de plusieurs centaines de places d’accueil et à la Plateforme citoyenne au parc Maximilien, demande également au gouvernement fédéral d’octroyer rapidement à Fedasil les moyens d’accroître le nombre de places dans les centres d’accueil afin qu’elles puissent répondre aux besoins des nouveaux arrivants. Le système de pré-accueil proposé par le gouvernement ne devrait pas exister : il doit de toute urgence être rendu obsolète par un système d’enregistrements efficace suivi d’un hébergement en centre d’accueil dans des conditions adéquates.

« Dans sa réponse, le gouvernement ne prend clairement pas la mesure de l’urgence de la crise migratoire Européenne », explique Brice de le Vingne, Directeur des Opérations.  « Ne pas agir n’est pas une option. Avec le flux de réfugiés continuant et l’hiver approchant, la Belgique se doit de prendre d’urgence les mesures nécessaires pour leur offrir un accueil humain et digne. »

MSF demande ainsi au gouvernement de faire de la réponse à la crise migratoire une priorité et d’adopter immédiatement des mesures qui répondent à la situation, notamment en augmentant les capacités d’enregistrement et d’hébergement des demandeurs d’asile arrivant sur le sol Belge.

« Nous continuons bien entendu à suivre de près l’évolution de la situation et les conditions de vie de ces personnes dont le parcours jusqu’ici a déjà été éprouvant, mais il serait regrettable qu’une organisation comme MSF soit amenée à se substituer à l’Etat dans la capitale de l’Union européenne », conclut Brice de le Vingne.