MSF applaudit les nouvelles recommandations de l’OMS pour un accès immédiat au traitement pour toutes les personnes atteintes du VIH

Mercredi 30 septembre 2015 — Johannesburg, le 30 septembre 2015 – L’organisation humanitaire médicale internationale Médecins Sans Frontières applaudit aujourd’hui les nouvelles recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) selon lesquelles tous les patients testés positifs pour le VIH doivent recevoir un traitement antirétroviral immédiatement. Mais MSF avertit que faire de ces nouvelles recommandations une réalité nécessiterait un soutien considérablement accru des bailleurs et gouvernements.

« La stratégie ‘’tester et traiter’’ peut inverser la tendance sur la question du VIH, mais pour qu’elle puisse agir comme un outil de contrôle de l’épidémie, il faudra des changements radicaux et des investissements considérables. La prise en charge du VIH doit sortir des hôpitaux pour entrer dans les communautés avec le soutien des personnes vivant avec le VIH qui font véritablement partie de la réponse. Cela nécessite des efforts et de l’argent, affirme le Dr Tom Ellman, directeur de l’Unité Médicale d’Afrique du Sud de MSF. La semaine dernière aux Nations Unies, les dirigeants du monde ont adopté l’Objectif de Développement Durable visant à mettre fin à  l’épidémie de SIDA dans les 15 ans, mais ils vont devoir montrer qu’ils prennent vraiment cet objectif au sérieux. Personne ne mettra fin au SIDA avec les méthodes actuelles ».

Le Fonds Mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et la malaria tiendra sa conférence sur l’allocation des ressources l’année prochaine, un événement qui constituera le premier test de l’engagement des bailleurs à  mettre en œuvre toutes les dernières avancées scientifiques pour traiter toutes les personnes vivant avec le VIH et réduire les taux de transmission de la maladie dans le monde.

L’expérience des programmes VIH de MSF montre que ces dix dernières années, un tiers des personnes diagnostiquées séropositives mais n’étant pas éligibles au traitement ne sont jamais retournées dans une structure de santé. Offrir un traitement à ces personnes dès que le test s’avère positif pourrait réduire de manière importante le nombre de personnes qui ne reviennent jamais.

Pour atteindre autant de personnes que possible, aussi vite que possible, des modèles simplifiés de soins et des stratégies d’autogestion sont nécessaires pour permettre aux gens d’avoir plus de contrôle sur  leur traitement et leurs soins, explique le Dr Marc Biot, coordinateur des opérations de MSF pour le VIH. Il ne s’agit plus seulement de se demander quand mettre les gens sous traitement mais aussi de comment faire en sorte qu’ils continuent leur traitement à vie et de maintenir des niveaux de virus indétectables dans leur sang. Nous devons nous assurer que les traitements antirétroviraux s’adaptent mieux à la vie des gens, comme n’importe quelle autre maladie chronique dans les pays industrialisés ».

MSF a commencé la mise sous traitement des patients atteints du VIH dans les pays en voie de développement en 2000, et aujourd’hui plus de 200.000 patients reçoivent leur traitement dans des programmes appuyés par MSF.

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