MSF accuse les garde-côtes libyens d’avoir mis des vies en danger lors d’un sauvetage en Méditerranée

Jeudi 25 mai 2017 — MSF accuse les garde-côtes libyens d’avoir mis des vies en danger lors d’un sauvetage en Méditerranée

Pendant une opération de sauvetage en mer Méditerranée survenue le 23 mai, des garde-côtes libyens se sont approchés des embarcations en détresse, ont intimidé les passagers et ont ensuite tiré des coups de feu en l'air, menaçant la vie des gens et créant le chaos, selon les organisations humanitaires MSF et SOS Méditerranée, dont les équipes ont été témoins du violent incident.

Les équipes de MSF et de SOS Méditerranée ont été informées de la position des embarcations en détresse et ont distribué des gilets de sauvetage aux passagers en préparation de leur sauvetage. Plus d'une vingtaine de passagers ont été transférés à bord de l’Aquarius, le navire de recherche et de sauvetage exploité conjointement par les deux organisations. Les autres passagers ont dû patienter avant d’être secourus, car les équipes ont dû aller prêter assistance à un autre bateau en détresse qui était dans une situation encore plus précaire.

Entre-temps, un navire des garde-côtes libyens équipé d’armes s'est approché. « Deux garde-côtes libyens, en uniformes et armés, sont montés à bord de l'un des bateaux pneumatiques. Ils ont pris des téléphones, de l'argent et d'autres biens appartenant aux passagers », a expliqué Annemarie Loof, coordinatrice MSF. « Les passagers ont paniqué et se sont sentis menacés, terrifiés par la conduite agressive des garde-côtes libyens ». Cela a provoqué une panique générale, qui s'est terminée avec plus de 60 personnes à la mer.

« Beaucoup de passagers - qui heureusement avaient déjà reçu des gilets de sauvetage avant que les coups de feu ne commencent - ont sauté à la mer, apeurés », a-t-elle ajouté. « Nos équipes ont repêché 67 personnes dans l'eau pendant qu’on tirait en l’air. C'est un miracle que personne ne se soit noyé ou n'ait été blessé ».

« Les garde-côtes libyens se sont montrés très peu intéressés par le bien-être des gens à bord des bateaux en détresse », a-t-elle poursuivi. « Leur comportement était imprudent, voire même carrément menaçant, à l’endroit des passagers de ces bateaux ».

« De savoir que la garde côtière libyenne reçoit une formation et un soutien de l'Union européenne rend cet incident d'autant plus perturbant », a souligné Annemarie Loof. « Nous croyons que les autorités italiennes et européennes ne devraient pas soutenir directement ou indirectement la garde côtière libyenne. Ce soutien met des vies en danger ».

Malgré le chaos, les équipes de MSF et de SOS Méditerranée ont réussi à mettre en sécurité 1.400 personnes, y compris un bébé de deux semaines, en les transférant à bord de l’Aquarius.

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