Journée de violence en RCA: plus de 10,000 personnes se sont réfugiées dans les enceintes de l’hôpital soutenu par MSF à Batangafo

Vendredi 2 novembre 2018 — Suite aux affrontements entre groupes armés survenus ce mercredi 31 octobre 2018 au Nord et au Centre de la République Centrafricaine, plus de 10,000 personnes se sont réfugiées dans les enceintes d’un hôpital soutenu par Médecins Sans Frontières (MSF).

A Batangafo, au Nord de la République Centrafricaine, de violents affrontements entre groupes armés ont entraîné l’incendie de trois camps de déplacés internes, de nombreuses maisons et le marché du camp de déplacés à Batangafo. Plus de 10,000 personnes se sont réfugiées dans les enceintes de l’hôpital soutenu par MSF, tandis que plusieurs centaines d’autres ont pris la fuite vers la brousse.

A Bambari, les équipes de MSF sur place se sont activées pour prendre en charge 12 blessés suite aux violents affrontements, tandis qu’à Batangafo MSF a pu prendre en charge vingt blessés, dont dix nécessitant une opération chirurgicale d’urgence. Parmi ces victimes, on déplore 2 décès à l’hôpital de Batangafo des suites des brûlures.

Pour répondre aux premiers besoins de ces populations déplacées et pour lutter contre les maladies liées aux conditions de vie précaire telles que la diarrhée et les infections respiratoires et MSF a mis en place à l’hôpital de Batangafo des installations sanitaires (latrines, douches) supplémentaires et une équipe médicale s’attèle à prodiguer des soins à ces nécessiteux.

« La situation à Batangafo et à Bambari reste très tendue. La protection de la population et de la mission médicale restent nos principales préoccupations », déclare Omar Ahmed Abenza, Chef de Mission MSF en RCA. « Nous parvenons à soigner les malades qui nous arrivent mais cependant les tensions dans ces 2 villes se font encore sentir. Nous demandons la coopération continue de toutes les parties prenantes au conflit pour pouvoir apporter de l’aide à tout le monde qui en a besoin » rajoute Omar Ahmed Abenza.

« La situation humanitaire en Centrafrique reste préoccupante et cette dernière flambée de violence risque d’affaiblir davantage les communautés déplacées qui étaient déjà dans une extrême précarité et qui aujourd’hui, qui manquent de nourriture, d’abris et d’autres biens de base. » ajoute-t-il.