Gaza, un an après : plus que jamais, les Palestiniens asphyxiés par l’occupation (+ webclip et photos)

Woensdag 8 juli 2015 — Bonjour,

Vous trouverez ci-dessous un communiqué de MSF sur la situation désastreuse à Gaza, un an après l'opération "Bordure protectrice" qui a fait de nombreuses victimes et causé de nombreuses destruction sur le territoire.

Vous trouverez également quelques photos récentes et un webclip. Des interviews sont possibles depuis Gaza ou Paris.

Cordialement,

Raphaël Piret

Gaza, un an après : plus que jamais, les Palestiniens asphyxiés par l’occupation

Engagée depuis plus de 20 ans auprès des Palestiniens, à Gaza et en Cisjordanie, Médecins Sans frontières (MSF) ajoute sa voix à celles qui dénoncent la normalisation inacceptable de plusieurs décennies d’occupation israélienne ponctuée de massacres. La défense d’Israël sert d’alibi à une politique d’expansion continue des colonies marquée par des pics de violences entre lesquels se poursuivent les saisies de terres, les destructions de maisons et le harcèlement de la population.

A Gaza, les habitants continuent de subir les conséquences du massacre de l’an dernier. Au-delà des morts et du nombre de blessés dont le bilan s’élève à plus d’une dizaine de milliers, dont 7 000 femmes et enfants, le blocus - qui n’a jamais été levé par l’armée israélienne - interdit l’importation de matériaux de base, tels que le ciment, empêchant la reconstruction de quartiers dévastés, pulvérisés. Plus de 12 000 maisons ont ainsi été partiellement ou totalement détruites par l’offensive, dont 70 structures de santé. Le taux de chômage atteint des records et 80% de la population vit sous perfusion humanitaire. Aux insupportables conditions d’existence largement documentées, s’ajoute le désespoir d’une population endeuillée et sans perspective.

Entre deux pics de violence, les Gazaouis partagent avec leurs compatriotes des Territoires occupés oppression et humiliation. Etablis désormais sur moins de 40 % de la Cisjordanie découpée par le béton et enroulée dans les barbelés, ces derniers subissent un harcèlement permanent, des arrestations arbitraires toujours plus nombreuses et des contrôles incessants. « L’armée israélienne et les colons rivalisent de méthodes humiliantes, explique Erwan Grillon, chef de mission MSF à Jérusalem. Les récits rapportés par nos équipes sont tels qu’il suffit d’énoncer les faits pour les dénoncer : chaque jour, nous recevons des patients, dont un tiers ont moins de 13 ans, qui vivent dans l’angoisse et la terreur des incursions nocturnes de l’armée israélienne ou des attaques de colons. Présents à Naplouse depuis dix ans, nous prenons en charge les mêmes symptômes chez les mêmes familles. Rien ne change.»

« Un enfant de huit ans habitant à Gaza a toujours vécu sous blocus et a déjà subi quatre offensives dont deux véritables massacres. La majorité de nos patients ayant besoin de soins chirurgicaux ou de kinésithérapie liés à des blessures de guerre ont moins de 18 ans », poursuit Erwan Grillon. « Les conditions de vie des Palestiniens ne cessent de se détériorer. L’importance des accidents domestiques, notamment ceux causés par l’utilisation de produits de chauffage dangereux, en témoigne. En juin, dans notre clinique à Gaza, la grande majorité de nos patients étaient des victimes de brûlures, dont 60% d’enfants.»

Après des dizaines d’années d’occupation et d’échecs politiques, les Palestiniens sont plus que jamais asphyxiés, dépossédés de leur terre et enfermés dans un cycle interminable de violences.

« Il n’y a pas réciprocité dans la responsabilité des violences qui ont lieu dans les Territoires occupés, explique Mégo Terzian, président de MSF. Cette représentation tend à masquer 48 ans d’occupation israélienne brutale, le harcèlement et l’humiliation subis en permanence par la population palestinienne. La rhétorique d’Israël du droit de se défendre sert d’alibi à des offensives toujours plus meurtrières et à une politique coloniale qui asphyxie les Palestiniens et les prive d’avenir », conclut le Dr Terzian.

MSF est présente dans les Territoires Palestiniens depuis 1989. Dans la bande de Gaza, MSF répond à des besoins auxquels le système de santé local ne peut faire face, ainsi qu'aux conséquences - directes ou indirectes - de la violence. MSF gère deux dispensaires de soins post-opératoires (pansements, ergothérapie et kinésithérapie) et mène des missions chirurgicales régulières pour des patients victimes de violence, brûlures domestiques et autres traumatismes ou malformations congénitales. En 2014, plus de 350  interventions chirurgicales, plus de 14 000 séances de kinésithérapie et 15 000 poses de pansements ont été effectuées. 1 136 patients ont bénéficié d’une rééducation. En Cisjordanie, MSF mène des projets de santé mentale dans les gouvernorats de Naplouse et Qalqilya. Notre équipe est pluridisciplinaire (psychologues cliniciens, médecin et travailleurs sociaux). En 2014, plus de 2 200 consultations individuelles ont été dispensées pour 238 nouveaux patients. MSF gère également des projets de santé mentale à Jérusalem-Est et à Hébron.

[Médecins Sans Frontières] Gaza dans l'entre deux guerres

Mohammad 3 years old and his grandmother at Khan Younis clinic for dressing care and physio, follow up on severe burns injuries, domestic accident, a neighbour threw boiling oil out of the window and the little boy was outside. First at Nasser Hospital where he was immediately transferred to the ICU and then they transferred him to Jerusalem where he got some skin grafts. And after coming back from Israel we came with him to the MSF clinic in Khan Younis, and was taken care of the team. He was also in surgery in the MSF surgical round in April 2015. The MSF surgical team operated on his upper eye lid, his right arm, and for the mouth opening. We are now regularly in the MSF clinic for physiotherapy, dressing care, burn rehabilitation, because he just came out of surgery. © Susanne Doettling/MSF
Beit Hanoun in north Gaza strip, severely hit by last war, still many destroyed houses - children of the neighbourhood in front of Banksy mural of the cat, near the UNRWA school which still hosts 53 families who lost their homes during Protective Edge. © Susanne Doettling/MSF
General activities in Khan Younis MSF clinic - dressing change on domestic burns injury, little girl and mother. © Susanne Doettling/MSF
Beit Hanoun, Shuja’iya (according to the UN: Reconstruction of over 12,580 housing units totally destroyed has yet to start, prolonging the hardship of some 100,000 internally displaced people 100,000 people who lost their homes in the Gaza strip remain internally displaced and 120,000 people still have no access to public water.) Beit Hanoun, northeastern Gaza Strip, one of the hardest hit areas during the 2014 summer war, collecting old metal bars etc from destroyed houses to be reused and recycled for makeshift/improvised reconstruction of homes. © Susanne Doettling/MSF
Beit Hanoun, Shuja’iya (according to the UN: Reconstruction of over 12,580 housing units totally destroyed has yet to start, prolonging the hardship of some 100,000 internally displaced people 100,000 people who lost their homes in the Gaza strip remain internally displaced and 120,000 people still have no access to public water.) Beit Hanoun, northeastern Gaza Strip, one of the hardest hit areas during the 2014 summer war, near Erez crossing, during the last war partly or fully destroyed houses, partly with makeshift extensions, giving refuge to families from there or the neighbourhood who lost their homes. © Susanne Doettling/MSF