En République Centrafricaine, les civils paient le prix de la reprise des combats

Les équipes de MSF ont été témoins d’exécutions sommaires et de la terreur de la population civile.

Vendredi 14 avril 2017 — Bonjour,

Vous trouverez ci-dessous un communiqué de MSF sur la recrudescence de la violence en République Centrafricaine (RCA). L'intensification du conflit entre groupes armés fait de nombreuses victimes et amène de nombreuses personnes à prendre la fuite. MSF prend en charge des blessés dans des zones où l'assistance humanitaire est rare, voire inexistante.

Cette tendance est particulièrement inquiétante dans un pays qui subi déjà une des pires crises humanitaires dans le monde, souvent oubliée.

Pour info, des interviews sont possibles à Bruxelles ou depuis Bangui.

Cordialement,

Raphaël Piret

En République Centrafricaine, les civils paient le prix de la reprise des combats

Les équipes de MSF ont été témoins d’exécutions sommaires et de la terreur de la population civile.

Bangui, le 12 avril 2017 – Alors que le conflit s’étend et s’intensifie en République Centrafricaine, des dizaines de civils sont tués et blessés, et des milliers sont contraints de fuir pour échapper à la mort, recevant très peu ou pas d’aide humanitaire, a averti aujourd’hui l’organisation médicale humanitaire internationale Médecins Sans Frontières (MSF).

« Nos équipes ont été témoins d’exécutions sommaires et ont trouvé les corps mutilés laissés à la vue de tous pour terroriser la population. Les civils sont complètement traumatisés, et un grand nombre d’entre eux ont dû se réfugier dans la brousse, où ils survivent grâce à ce qu’ils peuvent y trouver à manger », déclare René Colgo, chef de mission adjoint de MSF en charge de l’équipe apportant des services médicaux dans les zones de Bakouma et de Nzako depuis le 26 mars.

Au cours des derniers mois, des luttes au sein des parties opposées depuis le conflit de 2014-2015 ont provoqué leur éclatement et déclenché un nouveau conflit pour le contrôle du territoire et de ses ressources, en particulier dans les régions centrales et orientales du pays (préfectures d’Ouaka, de Haute-Kotto, de Basse-Kotto et de Mbomou). Lorsque les villes changent de main, les civils sont les premiers à en pâtir. Dans leur hôpital à Bria, par exemple, les équipes de MSF ont soigné 168 personnes pour des blessures liées à la violence depuis le mois de novembre.

« Pendant le week-end du 24 au 26 mars, nous avons accueilli environ 24 personnes grièvement blessées dans notre service de pédiatrie. Parmi ces personnes, se trouvait une petite fille de 3 ans, blessée par balle. C’était le chaos absolu. Je me souviens avoir dû laisser un homme grièvement blessé par balle car il fallait que je m’occupe de toute urgence d’un autre qui venait d’arriver, les intestins à nu. Nos équipements techniques étaient limités, mais notre chirurgien est parvenu à lui sauver la vie », raconte le médecin de MSF Katie Treble, qui travaille à l’hôpital pédiatrique de Bria.

Le conflit s’étend à des zones qui étaient, au cours des deux dernières années, considérées comme relativement stables. À Bakouma et Nzako (province de Mbomou), les groupes armés rivaux se disputent les villes et les zones minières. Cette situation a des conséquences dévastatrices pour la population civile.

« Ce qui constituait déjà l’une des crises humanitaires les plus graves au monde s’intensifie actuellement. La République Centrafricaine s’enferme dans une spirale de violence jamais vue depuis le point culminant du conflit en 2014 », déclare Emmanuel Lampaert, représentant de MSF en République Centrafricaine.

Au cours des derniers mois, la violence entre les groupes armés est également marquée par une augmentation des attaques ciblées contre des communautés spécifiques, qui entraînent des représailles et une rapide escalade de la violence. « La nature du conflt évolueet les civils traumatisés et sans défense se retrouvent coincés sous les tirs croisés, chassés de leurs foyers, coupés de leurs champs et de leurs moyens de subsistance. Toutes les parties doivent au minimum cesser leurs attaques contre les non-combattants et permettre aux personnes en détresse de recevoir un minimum d’aide humanitaire », déclare Caroline Ducarme, cheffe de mission MSF en République Centrafricaine.

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REMARQUES À L’INTENTION DES RÉDACTEURS
 

À PROPOS DE LA CRISE EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

L’année dernière, la République Centrafricaine a organisé des élections générales et s’est installée dans une paix précaire, ponctuée d’épisodes de violence sporadiques mais souvent localisés. Depuis la guerre de 2014-2015 entre les Séléka et les anti-Balaka, la moitié orientale du pays est restée hors du contrôle du gouvernement, mais un statu quo précaire a permis à la population civile de demeurer dans une certaine normalité. Cependant, au cours des derniers mois, les ex-Séléka et les anti-Balaka se sont scindés en différentes factions armées vaguement affiliées, qui se disputent actuellement le contrôle du territoire, en particulier dans la partie orientale du pays. Alors que le rapport de force est tendu, la guerre intestine laisse les civils dans la souffrance.

Chargés de presse : pour plus d’informations, consultez par exemple le GIC.

D’après le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), la moitié des 4,6 millions de personnes vivant en République Centrafricaine dépendent de l’aide humanitaire. 100 000 personnes de plus ont été déplacées entre septembre 2016 et février 2017 en raison de la reprise des combats, portant le nombre total de personnes déplacées à l’intérieur même de leur pays à plus de 400 000, et le nombre total de réfugiés recensés à plus de 460 000. Jusqu’ici, seuls 5,4 % des fonds requis par le programme de réponse humanitaire de l’ONU ont été engagés.

À PROPOS DE MSF EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

MSF travaille en République Centrafricaine depuis 1997, offrant des soins médicaux d’urgence à ceux qui en ont le plus besoin à travers le pays. En 2016, MSF a effectué 947 000 consultations médicales (dans un pays comptant 4,6 millions d’habitants), traité 580 000 personnes atteintes de la malaria, administré 490 000 vaccins et aidé à donner naissance à plus de 21 000 nouveau-nés. MSF est financée à 100 % par des donations privées pour son travail en République Centrafricaine.

  • À Bria (province de Haute-Kotto), MSF gère un hôpital pédiatrique d’une capacité de 51 lits. Elle y a admis 3 600 patients en 2016, dont 90 % étaient âgés de moins de 5 ans. Entre novembre et décembre 2016, les équipes ont également traité 138 victimes de violence, et 151 entre janvier et mars 2017.

 

  • À Bambari (province d’Ouaka), MSF a fourni des soins de santé à 45 000 personnes touchées par la violence en 2016 et a intensifié ses activités commencées en octobre 2016 afin de répondre aux besoins croissants dans cette province.
  • À Bakouma et à Nzako (province de Mbomou), les équipes de MSF ont effectué plus de 400 consultations auprès de la population en ré-introduisant la gratuité des soins et ont réorienté 10 personnes blessées vers les l’hôpital de 118 lits de qu’elle soutient et agrandit actuellement à Bangassou.
  • Mbrés, (Nana-Grebizi). MSF a déployé son équipe d’urgence à Mbrés pour venir en aide à la population déplacée ayant fui les combats de Bambari et de Bria. L’équipe de MSF a soigné et référé les blessés de guerre de Mbrés à Kaga Bandoro. L’équipe a également renforcé les capacités de l’hôpital de Mbrés afin de garantir l’accès aux soins de santé aux personnes de la région. Elle a également mené des campagnes de vaccination d’urgence.
  • Maloum, (Ouaka). MSF a distribué 15 515 articles de première nécessité aux personnes déplacées qui ont fui les conflits à Bria et Bambari et a vacciné plus de 5 000 enfants et femmes enceintes.

Présence permanente de MSF en République Centrafricaine :

 

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