Ebola en RDC: l'épidémie n'est pas sous contrôle

Lundi 22 octobre 2018 — La situation au Nord-Kivu, où une épidémie d’Ebola sévit depuis août, est préoccupante, en particulier dans la ville de Beni, où le nombre de cas a considérablement augmenté depuis début octobre. La propagation de la maladie à Butembo (une ville estimée à environ un million de personnes), à la frontière ougandaise, au bord du lac Albert et dans d’autres localités, est inquiétante. À la date du 20 octobre, 237 cas de fièvre hémorragique ont été signalés dans la région dont 202 confirmés et 35 probables. Sur les 202 cas confirmés, 118 sont décédés et 63 ont été guéris.

« Il est clair que plus de deux mois après le début de l’épidémie, la situation n’est pas sous contrôle. Ce que nous voyons à Beni est particulièrement préoccupant, avec une augmentation des cas ces deux dernières semaines. Certaines de ces personnes ne figuraient pas sur la liste des personnes à risque (c'est-à-dire ayant été en contact avec des patients atteints du virus) ; ce qui complique notre travail pour retracer les chaines de transmissions. Nous avons également vu des personnes décéder d'Ebola chez elles ou arriver trop tard au centre de traitement, sûrement par manque de confiance dans les acteurs de la réponse à l’épidémie. Ce sont des indications inquiétantes », déclare Anja Wolz, coordinatrice d’urgence MSF.

L'insécurité due au conflit en cours dans la région rend également difficile la maîtrise de l'épidémie. Après un violent incident à Beni le 22 septembre, la ville a été déclarée "ville morte" et mise sous séquestre. Pendant cette période, il n’a pas été possible de suivre durant plusieurs jours les personnes avec qui les patients Ebola étaient entrés en contact pour savoir si elles avaient été contaminées. Cela a probablement contribué à la hausse actuelle du nombre de cas à Beni. Il y a aussi ce qu'on appelle des "zones rouges", zones où les acteurs de la réponse ne peuvent pas se rendre à cause de l'insécurité. Certaines personnes entrées en contact avec des patients atteints du virus Ebola se sont rendues dans ces régions et nous ne savons pas si elles sont malades ou non, ou si d’autres sont également tombées malades.

 « Pour maîtriser l'épidémie, nous savons ce qu'il faut faire: mettre en œuvre les mesures clés, ou ce qu’on appelle les « piliers » de la riposte à Ebola. Gagner la confiance de la population est une priorité. Une approche médicale forte basée sur la communauté est cruciale, en particulier dans cette région qui subit des conflits violents depuis des décennies, » conclut Anja Wolz.

Infos complémentaires sur la réponse de MSF

  • MSF travaille actuellement dans trois centres de traitement Ebola: à Mangina, Tchomia et à Butembo.
  • MSF est impliquée dans les soins aux patients, la prévention et le contrôle des infections, la vaccination, et dispose également d’une équipe d'intervention rapide (composée d’un médecin, d’un infirmier et d’un expert en assainissement de l’eau), capable de réagir rapidement aux cas qui apparaissent dans de nouveaux lieux. 
Centre de traitement ebola de Mangina © MSF
Laboratoire de recherche intégré au centre de traitement © MSF
Patient dans la zone à haut risque du centre de traitement ebola de Mangina © MSF
Laboratoire de recherche intégré au centre de traitement © MSF