11.482 personnes secourues par MSF en Méditerranée depuis mai

Les opérations de recherche et sauvetage proactives sont essentielles pour sauver des vies

Jeudi 20 août 2015 — Bonjour,

Vous trouverez ci-dessous un communiqué dans lequel MSF fait le bilan de ses opérations de sauvetage en Méditerranée depuis le lancement de ses opérations début mai. Un bilan qui met en lumière l'insuffisance du dispositif de sauvetage européen, trop souvent déployé loin des côtes africaines.

Vous trouverez égalment des photos. Pour info, des interviews depuis Bruxelles ou l'un des bateaux de sauvetage sont possibles.

Cordialement,

Raphaël Piret

Durant les 100 derniers jours, MSF a mis en place d’importantes ressources pour sauver des vies en mer Méditerranée et a sauvé 11.482 personnes qui risquaient la noyade, grâce aux navires Bourbon Argos, Dignity I et MY Phoenix (ce dernier étant opéré en partenariat avec MOAS). Depuis le début des opérations le 2 mai dernier, MSF a rencontré de nombreuses embarcations proches du naufrage, où des vies ont pu être sauvées parce que les bateaux de sauvetage étaient au bon endroit au bon moment.

Les données de MSF indiquent que presque tous les sauvetages se sont produits dans deux zones au large des côtes libyennes, près de Tripoli et Zuwara. Les navires de recherche et de sauvetage opérés par MSF et MOAS se concentrent sur des patrouilles proactives dans ces zones, dans le seul but de secourir des bateaux en détresse. Ce n’est pas le cas pour bon nombre d’autres bateaux impliqués dans les efforts de recherche et sauvetage qui ont d’autres mandats à remplir et ne sont pas stationnés dans cette région à moins de recevoir un appel du Maritime Rescue Coordination Centre (MRCC). En 2014, les navires commerciaux ont mené 40% de tous les sauvetages, mais de récentes attaques sur des bateaux commerciaux au large de la Libye ont fait que les capitaines sont désormais réticents à entrer dans ces eaux pour des raisons de sécurité.

« De plus en plus, nous voyons que nous devons opérer plusieurs sauvetages à partir de plusieurs bateaux en quelques heures, explique Lindis Hurum, coordinatrice d’urgence de MSF à bord du Bourbon Argos. Nos équipes ont également rencontré des embarcations où des gens étaient déjà morts de déshydratation ou d’asphyxie durant le voyage. Cela signifie pour moi que malgré la réponse supposément « meilleure et plus importante « de l’UE en comparaison avec l’année dernière, il n’y a pas suffisamment de bateaux disponibles et positionnés au bon endroit pour répondre adéquatement aux besoins de gens qui traversent la Méditerranée ».

« Il ne faut que quelques secondes pour que les gens se noient, ajoute Will Turner, coordinateur d’urgence de MSF à bord du MY Phoenix. Pour sauver plus de vies, les bateaux doivent se concentrer uniquement sur la recherche et le sauvetage et être aussi proches des côtes de l’Afrique du Nord que possible. Ce n’est pas suffisant d’attendre un appel dans les eaux entre la Sicile et Malte, la recherche et le sauvetage doivent être menés de manière proactive ».

La majorité des personnes sauvées par MSF provenaient de pays tels que l’Erythrée, la Somalie, la Syrie, le Bangladesh, le Soudan et la Gambie. Ils fuyaient des guerres, des régimes oppressifs ou cherchaient une vie meilleure en Europe. Les équipes médicales de MSF les ont soignées pour diverses pathologies, y compris des blessures par balle, des brûlures provoquées par le carburant des moteurs et des défaillances organiques.

« Les opérations de recherche et sauvetage sauvent beaucoup de vies mais peu importe combien de bateaux opèrent en Méditerranée, effectuer la traversée sur un rafiot de pêcheur en bois bondé ou un canot gonflable ne sera jamais sûr, explique Lindis Hurum. Pour mettre fin à ces morts inutiles, l’Union européenne doit créer des voies d’accès sûres et légales pour l’Europe pour que les gens ne doivent plus embarquer sur ces bateaux ».

« Quand je demande aux gens pourquoi ils risquent leur vie de cette façon, j’ai à chaque fois la même réponse, témoigne Will Turner. Il n’y a pas d’alternative. Ils connaissent les dangers mais ils prennent le risque. Ils nous racontent qu’ils préfèrent se noyer en route vers la sécurité et la liberté plutôt que de rester dans leur pays d’origine ou en Libye où leur vie ne vaut pas la peine d’être vécue ».

Zachariah, un vieil homme originaire de Palestine déplacé pour la troisième fois de sa vie,  a fui l’insécurité en Libye. Il témoigne : « Quand la situation en Libye s’est aggravée, j’ai décidé d’emmener ma famille en Europe mais sans documents officiels, c’était impossible de partir. Nous faisons tous ce voyage parce que nous n’avons pas d’autre option ».

On s’attend à ce que le mois d’août soit le plus chargé en Méditerranée, quand la mer calme et que la météo clémente permettent de meilleures conditions pour effectuer la traversée. MSF continuera ses opérations de recherche et de sauvetage en mer Méditerranée durant les prochains mois, pour soutenir ceux qui entreprennent ce dangereux voyage à travers la mer.

Anna Surinyach/MSF
Anna Surinyach/MSF
Anna Surinyach/MSF
Anna Surinyach/MSF

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